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L’oeil de Ruskin. L’exemple de la Bourgogne

mercredi 23 novembre 2011

Nous tenons à porter à votre connaissance la publication toute récente d’un ouvrage co-écrit par Cynthia Gamble (qui a participé il y a quelques années à la Saison culturelle de Germolles) et Matthieu Pinette : L’oeil de Ruskin. L’exemple de la Bourgogne (Dijon, Les presses du réel/Oeuvres en sociétés, 237 pages, 22 illustrations, 28,00 € ; cet ouvrage est disponible au Château de Germolles).

John Ruskin est étrangement méconnu en France. Cet auteur britannique prolixe et fécond a tant produit que l’ampleur de ses travaux a sans doute découragé les éventuels lecteurs et la critique. Il est donc temps de découvrir cet écrivain dont l’oeuvre comme la personnalité sont subtiles et constratées, et dont les réflexions sur le Moyen Âge en particulier sont essentielles pour notre analyse moderne.

Ce travail concentré sur la Bourgogne permet, grâce à la publication de textes et de dessins souvent inédits, de disséquer la complexité de l’univers de Ruskin et sa méthode, basée sur une constellation de points spécifiques pour aboutir à des conceptions globales. L’auteur rend compte de ses voyages à travers la région pendant plus de cinquante années, entre 1833 et 1888. Il s’intéresse à certains monuments : l’abbaye de Cîteaux, les tombeaux des ducs ou l’église Saint-Michel à Dijon, une "maison mélancolique" à Châtillon-sur-Seine, certains détails architecturaux de la cathédrale Saint-Etienne d’Auxerre, les "proportions esquises" de la tour nord de la cathédrale de Sens, les colonnes torses de Saint-Lazare d’Avallon... mais le regard qu’il porte sur ces sites est particulierement singulier et original...

Vue de l'église St Michel à Dijon, John Ruskin, 1833

Bel exemple d’une pensée que l’on a pu identifier comme parfaitement "britannique", mais qui dépasse largement ce cadre trop commode, le système ruskinien mérite d’être décrypté pas à pas pour livrer la profondeur de ses richesses. Ce glissement du détail vers l’ensemble, du singulier vers le général, du local vers l’universel, constitue l’un des fondements essentiels de la réflexion ruskinienne, qui saura séduire d’autres après lui, tel son ’disciple’ Marcel Proust.